Aujourd’hui, le Bénin, mon pays, célèbre 66 ans d’indépendance. Il y a 66 ans, le peuple a proclamé son indépendance vis-à-vis de sa domination coloniale par la France.
C’est une journée de fierté, de commémoration et de célébration. C’est un acquis. Peu importe les lectures et les analyses que l’on fera aujourd’hui, qu’on soit de la mouvance ou de l’opposition, comme on aime le brandir dans les discussions. En tant que fils de ce pays, je ne peux qu’être fier. Fierté pour cet événement historique, mais également pour le parcours.
Nous sommes passés d’un État dirigé successivement par des gouvernements éphémères, avec le record d’un président qui aurait gouverné seulement 24 h d’ailleurs, à un pays qui est relativement admiré dans la sous-région et au-delà, à bien des égards. Ne serait-ce que pour l’alternance au pouvoir depuis les années 1990, mais aussi pour les politiques de développement économique mises en œuvre ces dernières années. Pour certains fanatiques, on a aussi connu, pendant une décennie, le président le plus apprêté et le plus élégant de la sous-région. Même si je ne partage pas totalement cet avis, un regard chez le grand voisin, le Nigeria, arrache un large sourire… Bref, trêve de digression.
Je m’en vais poser une question, peut-être plus abstraite. Et je me permets d’être ignorant sur le sujet en faisant cette réflexion à haute voix.
Devrons-nous continuer de célébrer une fête de l’indépendance indéfiniment ? L’indépendance, telle que je la comprends et telle qu’elle est présentée, soit notre accession à la gestion libre et autonome de nos politiques internes et extérieures, sans ingérence d’une puissance autre, est un fait historique et un acquis.
Aujourd’hui, nos regards devraient être tournés vers la souveraineté. Il est clair qu’on ne saurait penser souveraineté sans cette indépendance. Mais je pense que créer des occasions pour réfléchir et célébrer nos efforts vers la souveraineté de notre pays ne seront que bénéfiques.
Ce sera un énorme changement de narratif qui, sans aucun doute, influencera chaque Béninoise et chaque Béninois. Les Vodun Days, bien qu’il s’agisse d’un événement à connotation festif et touristique, montrent, seulement en quelques années, comment ce genre de dispositifs peut contribuer grandement au narratif du pays, renforcer la fierté ainsi que le sentiment d’appartenance et d’attachement de ses filles et de ses fils.
Toute personne ayant des informations pour m’éclairer est la bienvenue. Indépendance vs souveraineté : que devons-nous célébrer ou chercher aujourd’hui ?
Jour 3 / 45 (Tentative #3, les deux premières ratées)



