Des gros mots : un double standard de jugement dans la société ?

Nique sa mère. Mon pote m’a emmerdé, j’ai baisé sa soeur. Non, non, je ne l’ai pas fait. Et dans la vie de tous les jours, j’utilise très peu de gros mots.

Si c’était le cas, tu m’aurais vu autrement. Tu allais me ranger dans une catégorie. J’imagine, le camp des personnes vulgaires. Jusque là, on va dire que c’est du bon sens, la morale et toussa.

Curieusement, André, il y’a plein de gens qui utilisent des gros mots et que tu adules. Toi aussi d’ailleurs, Angèle. Il me vient à l’esprit, les artistes chanteurs. Des personnes qui sont relativement influentes. Ces derniers produisent des musiques écoutées par des jeunes, des moins jeunes…, tout le monde en bref.

Quelque part, nous écoutons et répétons nombres de fois, des expressions vulgaires, voire anti morale et contre tout bon sens, simplement parce qu’ils sont formulés par nos “idoles”. Ces mêmes expressions deviennent problématiques dès que le contexte change.

Il suffit qu’un jeune, un citoyen lambda prononce “nique sa mère” pour que notre regard change. Le jugement également. C’est un irresponsable, un enfant mal éduqué, et que sais-je encore ? Parfois, on remonte aux parents de ce dernier qu’on traite de tous les noms d’oiseaux.

C’est qui nos éducateurs ? Personnellement, les artistes et célébrités font partie intégrante. Education au sens large du terme, où j’inclus les manières de faire, de penser, de voir le monde, de parler et de vivre socialement.

Si on part de ce postulat, devrions nous être plus durs envers ceux qui influencent la masse, ou de jeunes gens dont la vulgarité ne change rien à ce monde ? Où se situe la limite entre le bon sens et ce qui ne l’est pas, dès que l’on considère le statut de célébrité ou d’artiste ?

J’aurai pu me contenter des artistes sans placer un mot sur les “influenceurs”. Je n’assume pas d’appeler tous les gens qui ont quelques milliers d’abonnés sur Tiktok, ou tout autre plateforme sociale, influenceur. Admenttons que c’est le cas.

Les likes et nombres d’abonnés occupent quand même une place importante dans notre monde. Et de ce fait, les influenceurs, qu’on l’accepte ou non, entraînent beaucoup de personnes, en l’occurrence les plus jeunes et les plus faibles, dans des délires d’idées et de philosophies de rue.

Les abonnés, la célébrité, l’art ou la musique ouvrent-ils donc la voie à une certaine forme de vulgarité “normale” ?

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